Anish Kapoor "Ascension"

Publié le par carole KIM

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La 54ème biennale d’art contemporain de Venise nous propose cette année

 une étonnante expérience de « l’Ascension » au sein de la basilique San Giorgio.

Cette installation d’Anish Kapoor à pour intitulé « Ascension ».

Anish Kapoor est né en Inde en 1954 et poursuivra ses études en Angleterre où il se fera une place

dans le mouvement de la nouvelle sculpture anglaise dont fait parti le sculpteur français Alfred Drury     .

 

Lorsque nous pénétrons dans le Balistique, le bruit d’un léger souffle est déjà présent. 

À la croisée du transept, une machine composée d’un socle aussi haut qu’un homme nous fait face.

Ce socle cylindrique en pierre d’une envergure d’environ 3m est percé en son centre.

La deuxième partie de l’installation est un gros tuyau métallique fixé au dôme de la Basilique.

Cette machine crée un tourbillon d’air et de sable qui donne à voir au spectateur l’irréel.


Elle fonctionne par aspiration, le sable qui se détache de la pierre au sol est aspiré par ce tuyau,

le tourbillon est formé grâce à quatre autres ventilateurs périphériques à l’aspect de grande tour.

Le lien avec le titre de l’œuvre est direct, nous nous trouvons dans une Basilique, un lieu religieux, l’ « ascension » dont nous parlons est le moment où le Christ crucifié retourne aux cieux,

passage tiré de la Bible.

Le côté mystique est palpable de par la nature du procédé, un tourbillon incontrôlable, que l’on ne peut pas toucher ni saisir mais également par l’endroit dans lequel il prend place. Quand je dis endroit, je ne parle pas seulement de la Basilique San Giorgio mais aussi de la ville de Venise, endroit irréel où les lois physiques semblent avoir était oubliée. Le fait que l’idée de l’ascension soit le tourbillon renvoie aussi à la spiritualité,

à l’esprit par ce côté inaccessible et incontrôlable.

Le rapport art contemporain, Basilique ancienne est un aspect important du ressenti de l’œuvre sur le spectateur. On a dans cette installation une notion d’ingénieur, cette œuvre n’est pas seulement esthétique, elle fonctionne. Une notion de mécanisme dans l’installation des ventilateurs, dans  les matériaux également comme le tuyau d’aspiration en métal. Cependant une partie de la pièce échappe à cette notion d’ingénieur, le socle en pierre et le sable. Ce socle pourrait renvoyer à une meule, au travail de la terre et donc au pêcher originel et de cause à effet à la mort de Christ et à son ascension. Le matériel réfléchissant constituant le tuyau projette la lumière qu’il reçoit, il brille et éblouie. On pourrait voir ce choix comme une évocation des cieux.

 

Parlons de son insertion dans le lieu ; nous avons vu le rapport art contemporain, Basilique ancienne, nous allons nous intéresser maintenant au rapport de proportion et à son emplacement. L’œuvre prend toute la hauteur de la basilique sur un espace au sol d’environ 6m2 pour la base en ajoutant les quatre tours ventilateurs. Il s’agit d’une œuvre gigantesque qui prend place dans un lieu lui aussi de bonne surface. L’œuvre est centrée par rapport au passage, elle est disposée de telle sorte à ce qu’on puisse la voir tout le temps et sous tous les angles. Elle est située à la croisée du transept. Ce choix n’est surement pas du au seul fait que l’œuvre est visible de partout mais aussi au fait que cette emplacement lui apporte une grande luminosité, ce qui permet au tourbillon d’être encore plus visible. La nuit, l’installation marche toujours et le côté mystique et inquiétant est d’autant plus grand que les tuyaux disparaissent, ne reste plus que ce tourbillon inexplicable et magique.

 

Cette ouvre est une véritable expérience sensorielle envoûtante, inquiétante, interrogative, déroutante. Elle nous fait perdre l’équilibre par ce mouvement ascensionnel et d’une verticalité vertigineuse.

 

« Ascension » d’Anish Kapoor est actuellement visible à Venise, cette œuvre allie technologie de pointe et spiritualité en vue de nous étonner mais également de nous questionner. 

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