Nan Goldin "The ballad of sexual dependency"
Nancy Goldin dite Nan Goldin est une photographe contemporaine venant de Washington et née en 1953.
C’est après le suicide de sa sœur qu’elle commence son œuvre photographique. Traumatisé par cet événement, elle décide de fixer sur photo tout ce qui l’entoure comme une sorte de mémoire photographique. Son œuvre documentaire et autobiographique retrace ses rencontres, ses aventures, ses expériences, son quotidien, la vie de ses proches. Nan Goldin expliquera qu’elle lui sert également à extérioriser ses peurs et ses angoisses dues à des événements traumatisants de sa vie.
En 1972, elle rentre à l’école des Beaux Arts de Boston où elle rencontre David Armstrong qui deviendra Drag Queen
cela lui permettra de côtoyer ce milieu très marginalisé. Ce sont ces vies qui seront les sujets principaux de son œuvre.
Durant ces années née l’œuvre « The Ballad of Sexual Dependency » qui mettra près de 16ans à s’élaborer.
Cette œuvre est composée de près de 800 diapositives accompagnées de chansons d’univers divers, du style opéra, de la saoul.
Le dispositif est composé de 6 rétroprojecteurs et d’un écran. Les diapositives s’enchainent à un rythme régulier, fondues les l’une dans l’autre.
On distingue deux temps séparés par un temps d’image noire. La 1ère partie est consacrée aux femmes, la secondes aux hommes.
La fête, la drogue, la violence, le sexe, le rapport au corps (tatouage piercing) ,la mort, la vie sont autant de thèmes évoqués sans censure ni tabou.
La projection dure environ 40 minutes, 40 minutes de vies et d’émotion. Ce temps nous permet de rentrer dans son univers.
« The ballad of sexual dependency » est une des réponses à la question de la condition humaine. Certaines parties traitant de la drogue et des violences conjugales subies par Nan Goldin sont très violentes à regarder. La projection se fait dans le noir et l’écran est immense, on se sent contraint de regarder, on est mal à l’aise, on se trouve à la place d’un voyeur ce qui n’est pas vraiment une expérience agréable. Il s’agit de l’intimité des gens, ce ne sont pas des photos où les gens posent mais qui sont plutôt prises dans la spontanéité. Toutes sont des portraits sauf celles qui arrivent à la fin où l’on nous donne à voir des lits. La plupart de ces photographies sont prises dans des intérieurs. Il y a un très fort rapport au corps, aux violences physiques, aux changements comme la grossesse ou encore aux tatouages et percing et bien sur à la drogue et à ses effets sur le corps. Il y a une chronologie dans ces images, les femmes que l’on voit au début sont enceintes à la fin, sans cela on ne serait pas vraiment si la succession des images est chronologiques car on trouve une abondance de photographies de sorties nocturnes qui se succèdent, ainsi que beaucoup de situations qui reviennent telles que les photos où les gens se droguent… La musique immortalise peut être des moments, et chaque changement est une nouvelle période de sa vie, on ne peut que supposer.
L’œuvre de Nan Goldin est une réelle expérience qui nous fait ressentir beaucoup de choses, du dégout, du mal être, ou encore de la compassion.
C’est une œuvre qui ressemble à la vie.